Hyères : les logements livrés depuis 2021 sont classés A ou B dans 77 % des cas

La rade de Giens, à Hyères
M.Strīķis / CC BY-SA 3.0

En bref

À Hyères, les 231 logements construits après 2021 affichent 77,1 % de classes A ou B et aucune passoire, contre 14,1 % pour l'ensemble du parc communal. La génération 2013-2021 était à 35,0 %, celle de 1948-1974 à 4,2 %.

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Un escalier, pas une pente

Les données publiques de l'ADEME couvrent 14 893 diagnostics réalisés à Hyères, dont 2,8 % classent le logement en F ou G et 14,1 % en A ou B.

La lecture par période de construction dessine une progression très nette, mais irrégulière. Les 4 491 logements de 1948-1974 atteignent 4,2 % de classes A ou B. Ceux de 1978-1982, 8,7 %. Ceux de 1989-2000, 19,0 %.

Puis la courbe s'emballe : 37,3 % pour 2001-2005, 41,8 % pour 2006-2012, 35,0 % pour 2013-2021, et 77,1 % pour les 231 logements livrés après 2021.

Ce que la dernière marche représente

Le saut entre 2013-2021 et l'après-2021 est le plus large de toute la série : de 35,0 % à 77,1 % de classes A ou B, avec 0,0 % de passoire et 0,4 % seulement en classe D.

Trois logements sur quatre dans le haut du tableau. Aucune autre génération hyéroise n'approche ce niveau.

L'effectif est modeste (231 diagnostics, soit 1,5 % du parc) et les pourcentages sont à lire comme des ordres de grandeur. Mais l'écart avec la génération précédente est trop large pour tenir à l'échantillon seul : il correspond au changement de réglementation applicable aux constructions neuves, qui a relevé les exigences sur la performance et sur l'empreinte carbone.

Ce que cela change concrètement à l'achat

Pour un acheteur hyérois, cette marche a une conséquence pratique immédiate.

Deux logements de surface et de quartier comparables, l'un livré en 2019 et l'autre en 2023, n'appartiennent pas au même marché énergétique. Le premier a environ une chance sur trois d'être classé A ou B, le second trois chances sur quatre.

Cela ne signifie pas que le second vaut mécaniquement plus cher, mais que ses charges de chauffage et de climatisation seront structurellement plus faibles, et qu'il ne sera concerné par aucune échéance de rénovation. À budget égal, la question mérite d'être posée avant la visite.

Le bâti ancien résiste mieux que le bâti d’après-guerre

Le bas de l'échelle réserve une surprise. Les 2 515 logements antérieurs à 1948 affichent 6,4 % de passoires mais aussi 9,6 % de classes A ou B : davantage que toutes les générations allant de 1948 à 1988.

Les 4 491 logements de 1948-1974, les plus nombreux du parc, sont à 5,4 % de passoires pour seulement 4,2 % de A-B.

Autrement dit, la maison ancienne hyéroise, aux murs épais et souvent rénovée au fil des ventes, s'en sort mieux que l'immeuble des Trente Glorieuses. C'est ce dernier qui constitue le vrai gisement, et il est aussi le plus nombreux.

Une ville où le chauffage est individuel

La structure du parc hyérois est inhabituelle et elle change la nature des décisions.

Les 10 201 logements en chauffage individuel affichent 1,8 % de passoires et 14,8 % de classes A ou B. Les 1 708 en chauffage collectif, 4,6 % et 4,0 %.

Le collectif est donc ici nettement plus exposé que l'individuel, l'inverse de l'intuition courante, parce qu'il désigne le parc d'immeubles des années 1960-1970. Et il est minoritaire : à Hyères, la performance énergétique se décide le plus souvent seul, sans assemblée générale à convaincre.

Le fioul, seule vraie poche dégradée

Dans une ville à 2,8 % de passoires, un segment fait exception. Les 422 logements chauffés au fioul domestique affichent 22,3 % de passoires et 34,4 % de classes E.

Plus d'un sur deux se situe donc sous la classe D, soit vingt fois la moyenne communale sur le seul critère de la passoire.

À l'opposé, les 9 013 logements chauffés à l'électricité atteignent 20,6 % de classes A ou B : en climat méridional, les besoins de chauffage sont faibles et les installations récentes en tirent pleinement parti.

Ce qui reste à traiter dans le parc existant

Pour les 98 % de logements hyérois antérieurs à 2021, la question redevient celle de l'enveloppe.

Les 10 237 logements aux murs insuffisants, soit 69 % du parc, affichent 4,1 % de passoires et 6,0 % de classes A ou B. Les 1 418 aux murs très bien isolés tombent à 0,0 % de passoire et atteignent 42,1 % de A-B.

Un point mérite d'être noté : dès le cran « moyenne », le taux de passoires tombe à 0,0 % et celui des A-B monte à 22,5 %. En climat doux, il n'est donc pas nécessaire de viser l'excellence : l'adéquation suffit. Un audit énergétique permet de calibrer l'effort au lieu de le surdimensionner.

Ce que nous conseillons avant de vendre

Si votre logement est récent, l'année de livraison est un argument à mettre en avant explicitement : elle explique votre étiquette et elle se vérifie.

S'il date des années 1950 à 1980, ne vous fiez pas à la bonne moyenne communale : c'est la tranche la moins bien classée de la ville.

Établissez l'année de construction, qui commande le constat plomb pour les biens antérieurs à 1949 et le repérage amiante pour ceux d'avant juillet 1997. À Hyères, l'état parasitaire relatif aux termites est également requis. Le reste suit le dossier de vente, avec l'état des risques à vérifier par adresse : submersion marine, feu de forêt et débordement du Gapeau concernent des secteurs précis.

Questions fréquentes

Pourquoi les logements livrés après 2021 sont-ils si bien classés ?

77,1 % de classes A ou B contre 35,0 % pour la génération 2013-2021. L'écart correspond au relèvement des exigences applicables aux constructions neuves, portant à la fois sur la performance énergétique et sur l'empreinte carbone.

Quelle est la génération la moins bien classée à Hyères ?

Celle de 1948-1974, avec 4,2 % de classes A ou B et 5,4 % de passoires sur 4 491 diagnostics. Elle fait moins bien que le bâti antérieur à 1948, qui atteint 9,6 % de A-B.

Le chauffage collectif est-il un avantage ici ?

Non : 4,6 % de passoires en collectif contre 1,8 % en individuel. Le collectif désigne à Hyères le parc d'immeubles des années 1960-1970, et il ne concerne que 1 708 logements sur près de 12 000.

Faut-il viser une isolation parfaite ?

Pas nécessairement en climat doux. Dès le cran « moyenne », les logements hyérois affichent 0,0 % de passoires et 22,5 % de classes A ou B. L'adéquation suffit souvent là où l'excellence coûterait beaucoup plus cher.

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